Petit guide d’oraison à usage de ceux qui débutent.
[Précision sur le ton employé : ce petit guide est né d’échanges avec des amies sur la vie de prière. Je m’adresse donc au lecteur au féminin et en disant « tu ».]
Cette semaine, en écho aux lectures de la liturgie, je te propose defaire oraison sur le thème de l’appel de Dieu, avec le chapitre 3 du premier livre de Samuel, que l’on entend ce mercredi à la messe : « parle Seigneur, ton serviteur écoute ».
QUELQUES CONSEILS POUR COMMENCER
COMMENCE PAR TE POSER, DANS UN LIEU CALME.
Avant de commencer, reprends les conseils de la semaine dernière :
Choisis un lieu et une durée réalistes.
Vise 20 à 30 minutes : en dessous, on n’a pas le temps de traverser l’ennui ; au-delà, surtout au début, tu risques de te lasser. Comme pour le sport, mieux vaut la régularité que l’excès.
Installe-toi dans un lieu où tu ne seras pas dérangée (dans ta chambre, dans une église, parfois même dans ta voiture). Choisis une posture qui accompagnera tes oraisons tout au long de l’année : assise contre le mur de ta chambre, sur un banc de prière.
Veille à pouvoir durer dans cette posture (un coussin, une couverture…). Il faut parfois un peu de temps pour trouver la bonne position qui te permettra d’être disponible pour la prière et non centrée sur le fait que tu n’es pas dans une position confortable.
Prépare une Bible (si possible hors téléphone, ou téléphone coupé) et de quoi noter brièvement après l’oraison ce qui a été vécu.
ACTIVE ET PASSIVE
La prière est une conversation avec Dieu : il y a des moments où c’est à toi d’avoir l’initiative… et des moments où il faut le laisser faire. Globalement, au début et à la fin tu en position active : tu choisis le lieu, le moment, la durée, la position, le support (pour aujourd’hui je te propose donc 1 S 3). Tu choisis d’orienter ton cœur et tes pensées vers Dieu. A la fin, tu choisis de finir la prière, tu conclus par un temps de relecture de ta prière : comment la prière s’est passé, quelles grâces reçues, tu dis merci pour cela, tu confies une dernière intention, tu pries avec une prière formelle (Notre Père par exemple ou un chant).
Entre les 2 tu es plutôt en posture passive, en mode écoute… et active pour revenir en permanence à l’écoute quand tu en sors. C’est une « écoute active » ou un « abandon actif ». Les deux phrases de Samuel dans ce texte illustrent cela « tu m’as appelé, me voici » (c’est un acte qui te met en disponibilité) ou encore « Parle Seigneur, ton serviteur écoute » (tu cherches la Parole de Dieu… et tu es disponible pour la recevoir).
OUVERTURE
Enveloppe-toi dans un grand signe de croix, prosterne-toi lentement. Comme on dit bonjour à quelqu’un qu’on aime. Fais sentir à tout ton être (ton corps, ton imagination, ta mémoire, etc.) que tu entres dans la prière.
Il s’agit de se « mettre en présence de Dieu ». Sois dans cette logique de Samuel le serviteur qui répond à l’appel de son maître. Imagine par exemple que tu es le conseiller d’un ministre qui se rend au conseil des ministres, ou un surveillant qui va à un conseil de classe : il y a un enjeu important à être là… même si aujourd’hui il ne se passait rien qui concerne directement ton poste, ta place est là : « Tu m’as appelé, me voici ». « Le maître est là et il t’appelle », dit Marthe à sa sœur Marie. Prends conscience que le Maître t’attend et que tu viens à sa rencontre.
Invoque l’Esprit Saint pour qu’il éclaire ta prière d’aujourd’hui. Reconnais que tu es pauvre et que tu ne sais pas prier… demande lui de venir prier en toi.
Je suis là pour toi Seigneur, je t’offre ma vie, je t’offre ce temps de ma journée pour que tu en fasses ce que tu voudras. Tu m’as appelé, me voici. Inspire ma prière. Donne moi de savoir t’écouter. Parle, ton serviteur écoute.
CONTENU DE LA MEDITATION
La méditation n’est pas un but en soi, mais seulement un outil pour conduire au cœur à cœur. *Si Dieu te saisit pendant la méditation, laisse-toi saisir.* Tu reprendras plus tard (ou pas du tout) le cours de ta méditation.
Lis tranquillement une ou deux fois le chapitre 3 du premier livre de Samuel.
Tiens toi devant Dieu toi aussi. Reviens à lui, comme Samuel est revenu à 3 reprises.
Viens à lui avec ce que tu es. Seigneur, je suis là avec tous les soucis de ma semaine. Avec les questions familiales, avec mes soucis professionnels. Je les dépose devant toi. Seigneur, tu es mon Maître, mon Dieu : j’ai confiance en toi. Accueille ces soucis, ces préoccupations. Je te confie ces visages qui habitent mon cœur.
Reviens à la prière. Une nouvelle fois, comme Samuel. Tu m’as appelé, me voici. Seigneur, tu sais que je me laisse distraire, mais je veux être à toi, tout entière. Car rien n’est plus important pour moi que d’être là. Je veux me tenir simplement en ta présence.
Accueille le silence. N’aies pas peur. N’aies pas peur non plus de la distraction. Reviens simplement quand tu es distraite. Ne cherches pas à remonter le fil de ta distraction, laisse la simplement tomber. Si une mouche te dérange, tu la chasses de la main… mais si tu te mets en tête de l’attraper tu vas t’agiter. La distraction est comme la mouche dit sainte Thérèse d’Avila. Ne t’en soucies pas.
Reviens à Dieu. Tu m’as appelée, me voici. Parle Seigneur, parle au cœur de ta servante. Je suis à toi, tout à toi. Je veux accueillir ta présence et ton amour pour moi.
Si tu as besoin de plus de pistes pour méditer, regarde l’état du monde à l’époque de Samuel. Peu de gens prient… « la parole du Seigneur était rare, la vision peu répandue »
Le prêtre Eli fait ce qu’il peut, mais ce n’est pas un homme extraordinaire… comme sans doute beaucoup de curés de paroisses… il a ses défauts, il vieillit.
Mais la lampe du sanctuaire n’est pas encore éteinte. Une petite lumière brille. Et Dieu appelle le jeune Samuel. Et toi, tu es là, qui apprend à prier… pas parfaite dans ta prière, souvent distraite, ayant du mal à donner un peu de temps à Dieu. Tu es comme cette petite lampe qui brille, dans un monde où beaucoup ignorent Dieu. Ta mission est de prier pour eux, de te tenir en présence de Dieu pour tes collègues de travail, pour tes amies, pour ta famille. Tu es là, simplement, en présence de Dieu, pour le monde… pour Dieu, parce que tu l’aimes… parce que tu as goûté son amour… son amour brûlant… même si aujourd’hui la prière est plus tiède… tu veux rester là répondre à son appel.
« Tu m’as appelé, me voici. » Dieu t’a appelée à être là, dans cette vie, pas dans une autre. Dieu n’a pas fait de toi une carmélite, Dieu t’a donné ta vie, de mère peut-être, d’épouse peut-être, de femme au travail… Oh cette vie est peut-être bien cabossée… comme celle d’Eli qui termine en disant sa confiance en Dieu. « C’est le Seigneur, qu’il fasse ce qui est bon à ses yeux ».
Mais ce qui est bon à ses yeux c’est que tu brûles d’amour en sa présence. « Tu m’as appelée, me voici ».
Je suis ton serviteur, dit Samuel à Dieu. Seigneur, je veux te servir dans toute ma vie. Par ce temps d’oraison, viens habiter mon existence.
Ces pistes de prière sont à faire tienne. Ressens la disponibilité du jeune Samuel. Ressens l’humilité du vieux Eli qui voit que Dieu passe dans le cœur du plus jeune. Peut-être que toi aussi tu vois, autour de toi, des enfants, des jeunes qui ont un grand désir de Dieu. Emerveille-toi.
Que ta prière aujourd’hui soit comme cette lampe qui se tient en présence.
CONCLUSION DE L’ORAISON
C’est un moment à ne pas négliger.
Si ton oraison est de 30 min, consacre 5 min à la conclusion (pour une oraison de 20 min, consacre 3 min).
Fais mémoire des grâces reçues dans l’oraison. Note les points majeurs (beaucoup de consolation et de joie, fortes distractions, sécheresse dans la prière). Note les phrases qui t’ont marquées (celles de la Bible ou celles qui ont été inspirées dans ton cœur).
N’hésite pas à y revenir au cours de la semaine.
A la semaine prochaine !