Nous poursuivons nos oraisons guidées. Cette semaine je te propose de prier à partir de la figure du jeune David, telle que nous la donne le premier livre de Samuel, chapitre 17, versets 23 à 54. C’est le récit bien connu du combat contre Goliath, mais surtout un texte sur la confiance
Quelques conseils pratiques avant de commencer
Nous reprenons les conseils habituels.
Choisis un lieu et un temps réalistes. Vise 20 à 30 minutes. Mets ton téléphone en mode avion. Prends une Bible.
Idéalement chez toi, dans ta chambre, au chaud… quand la maison est calme. Cela peut aussi être dans une église (sans doute plus froide en cette saison). Ou même dans ta voiture entre deux conduites d’enfants/
Allume une bougie, ou place une petite icône ou une image pour t’aider à te recueillir.
Une attention particulière cette semaine : la posture du corps.
Le corps nous aide à prier :
mains ouvertes ou jointes, posées l’une dans l’autre, croisées sur la poitrine, lieu du souffle ; un grand et lent signe de croix pour revenir à Dieu quand la distraction arrive ; la prosternation le front contre le sol comme geste d’adoration, ou s’allonger face contre terre en signe d’abandon.
Garde en arrière-plan une vigilance à ces gestes : quel geste m’aide à prier ? Quel effet a produit ce geste ?
L’idéal est de rester immobile, mais s’il y a un réel inconfort, change de position : mieux vaut bouger que de ne penser qu’à son corps. Peu à peu, ton corps associera ta posture à la prière.
Entrer en prière
Commence par te poser.
Prends conscience que Dieu est là. Il t’accueille, il t’aime, il veille sur toi.
Invoque l’Esprit Saint : demande-lui d’éclairer ta prière, de bénir ton imagination, ta mémoire, tes pensées.
Trace sur toi un grand signe de croix.
Lis ensuite une, deux ou trois fois le texte de 1 Samuel 17. Prends le temps de t’en imprégner.
Méditation
À travers David et Goliath, Dieu se révèle comme celui qui sauve son peuple par les petits. Il ne choisit pas le plus fort ni le plus entraîné, mais le plus humble : le dernier de la fratrie, le jeune berger.
Dieu regarde vers le tout-petit, et c’est par lui qu’il agit.
La victoire ne vient pas de la force humaine, mais de la confiance placée en Dieu.
Malgré la peur du peuple et l’échec de ses chefs, Dieu demeure fidèle. Il agit quand on ose s’en remettre à lui.
1. Mes “Goliaths”
Regarde la figure du Philistin.
Présente à Dieu ce qui t’effraie : ce qui est trop grand pour toi, trop lourd à porter.
Le regard des autres. Les attentes des autres… et les tiennes. Les responsabilités, les fatigues, les inquiétudes.
Nomme-les. Dépose-les devant Dieu :
« Seigneur, je te remets cette difficulté. Je te remets cette personne. »Redis-le simplement, plusieurs fois si besoin :
« Jésus, j’ai confiance en toi. Je veux te faire confiance. »
2. Mes ennemis
Ne dis pas trop vite : « je n’ai pas d’ennemis ».
Il y a ces personnes qui t’énervent, que tu fuis, qui t’ont blessée, trahie, humiliée : ce collègue de travail particulièrement pénible… ou cet autre qui sent mauvais, ces proches dans ta famille ou ta belle-famille, cette amie qui s’est mal comportée et que tu préfères éviter désormais.
Affronte-les dans ta prière, mais pas avec les armes de Goliath : médisance, calomnie, coups tordus. Prends les armes de Dieu. Jésus nous a dit : « Aimez vos ennemis, priez pour ceux qui vous persécutent. » (Mt 5,44)
Dans l’oraison, bénis-les.
Demande à Dieu de leur faire du bien, de t’apprendre à les aimer. Lui qui a vaincu Goliath peut vaincre la haine, la vengeance, la calomnie, l’infidélité, la trahison.
Redis simplement:
« Jésus, j’ai confiance en toi. Viens bénir telle personne. »
3. Tenir sa place dans une Église fragile
Dans ce récit, le peuple d’Israël est dans la peur. Son roi, Saül, est défaillant.
L’Église aujourd’hui connaît elle aussi ses épreuves : scandales, péchés, déceptions. Il y a telle communauté qui t’a aidée à grandir dans la foi… et qui est tombée bien bas. Il y a simplement ton curé maladroit ou blessant, qui ne te comprend pas…
David ne s’enfuit pas. Il ne condamne pas. Il tient sa place, humblement, et fait confiance à Dieu. Dieu fera la vérité en son temps, il éliminera Saül pour ses péchés. Mais David restera loyal jusqu’au bout.
Toi aussi, reste dans la confiance.
Prie pour l’Église : « Seigneur, viens guérir ton Église.
Bénis mon curé, mon évêque.
Fais que la vérité se manifeste. »
Prie pour ceux qui souffrent de l’Eglise.
Redis simplement:
« Jésus, j’ai confiance en toi. Viens bénir telle personne. »
4. Refuser l’armure de Saül
On propose à David l’armure du roi. Elle est trop lourde, pas faite pour lui.
Nous aussi, nous voulons parfois en faire trop : être parfaits partout, tout réussir, tout porter. Cette armure nous encombre. Peut-être parce que tu n’es pas faite pour porter une armure de chevalier.
David choisit la simplicité : cinq petits cailloux qu’il tient dans sa main.
Toi aussi, prends l’habitude d’avoir ton chapelet dans la poche ou une médaille au poignet, que tu peux serrer quand tu pars au combat de l’amour.
Et redis encore une fois :
« Jésus, j’ai confiance en toi. Viens bénir telle personne. »
Conclusion de l’oraison
Prends le temps de bien terminer.
Relis ce qui a été vécu : consolations, résistances, distractions, paroles reçues.
Fais un acte de confiance et d’adoration. Aide toi peut-être du chant « En toi, j’ai mis ma confiance », ou de la prière de Charles de Foucauld : « Mon Père, je m’abandonne à toi ».
Note enfin dans un carnet ce qui t’a marqué.
A la semaine prochaine !