Oraison guidée - 4ème semaine

Oraison guidée - 4ème semaine

QUELQUES CONSEILS POUR COMMENCER.

Je reprends ici ce que je te disais le premier jour… parce qu’il n’est pas inutile de se répéter. Il est bon de trouver le rituel qui t’aide à entrer en prière… donc le cadre est toujours un peu le même une fois que tu l’as trouvé.

Choisis un lieu et une durée.

Idéalement entre 20 et 30 minutes.  En dessous de 20 minutes, on n’a pas le temps de s’ennuyer… or l’ennui fait partie de l’exercice ! Quand je m’ennuie, j’ai le choix de suivre ma distraction ou – quand je m’en rends compte – de la quitter pour revenir à l’oraison. Et ce choix même est une preuve d’amour envers le Bon Dieu. Plus de 30 min c’est possible, mais peut-être ambitieux pour des premiers pas dans l’oraison (évite de prendre plus de 45 min au début, car tu risquerais de te lasser au bout de quelques temps… c’est comme le sport : ne fais pas un claquage !)

Le lieu… idéalement un endroit où tu ne seras pas dérangé.  Ta chambre (après une petite sieste ou au réveil le matin… comme cela tu as l’esprit dégagé de toutes tes préoccupations de la journée), en te posant assis contre le mur, les yeux tournés vers la croix… ou avec un petit banc de prière (à condition de pouvoir durer dans cette position sans bouger toutes les 5 min). En tout cas une position que tu n’utilises pas de façon habituelle : ton corps a besoin de sentir que tu es avec Dieu et non dans un fauteuil à regarder un film.

Mais peut-être que ce sera plus pauvrement dans ta voiture, entre 2 conduites d’enfant (dans ce cas, couvre toi bien pour ne pas avoir froid ! le froid est un ennemi de l’oraison, tout comme les fourmis dans les pieds)… ou l’église près de chez toi (qui peut être froide aussi). Si c’est au bureau, pose toi le matin de bonne heure avant l’arrivée des collègues et dépose une icône sur ton bureau.

Prépare aussi une bible (si possible pas sur ton téléphone qui sera mieux en mode avion… mais si tu n’as pas le choix prends la Bible sur ton téléphone et coupe ton téléphone) ainsi que de quoi prendre quelques notes en fin d’oraison (idéalement un carnet… sinon une feuille ou une note sur ton téléphone).

On y va !

OUVERTURE

Veille à bien démarrer et à bien terminer ton oraison.

Enveloppe-toi dans un grand signe de croix, prosterne-toi lentement. Comme on dit bonjour à quelqu’un qu’on aime. Fais sentir à tout ton être (ton corps, ton imagination, ta mémoire, etc.) que tu entres dans la prière.

Il s’agit de se « mettre en présence de Dieu » (on en reparlera).

Invoque l’Esprit Saint pour qu’il éclaire ta prière d’aujourd’hui. Reconnais que tu es pauvre et que tu ne sais pas prier… demande lui de venir prier en toi.

Je suis là pour toi Seigneur, je t’offre ma vie, je t’offre ce temps de ma journée pour que tu en fasses ce que tu voudras. Inspire ma prière.

CONTENU DE LA MEDITATION

La méditation n’est pas un but en soi, mais seulement un outil pour conduire au cœur à cœur. Si Dieu te saisit pendant la méditation, laisse-toi saisir. Tu reprendras plus tard (ou pas du tout) le cours de ta méditation.

Je te propose aujourd’hui de lire le chapitre 7 du 2ème livre de Samuel (la 1ère lecture du mercredi 3ème semaine du temps ordinaire année impaire), versets4 – 17.

Dieu est.

Le roi David, après une vie de batailles, s’est construit une maison et voudrait en faire une pour Dieu, en construisant un temple. Or, Dieu envoie le prophète Nathan pour lui dire de ne pas le faire.

Dieu dit « je n’ai jamais habité dans une maison, j’ai été comme un voyageur, ma demeure c’était sous la tente ».

Je te propose de t’arrêter longuement sur ce paradoxe et d’entrer dans la contemplation du mystère de Dieu, du mystère qu’est Dieu. Un Dieu qui demeure, stable donc, mais qui demeure dans l’inconfortable de la tente, dans le provisoire d’un campement.

Ferme les yeux (pas pratique pour lire ces quelques lignes !) et pense à Dieu, parle lui du fond du cœur. Essaie de te dégager des images trop imparfaites que nous avons tous de Dieu.

Dieu se révèle à Moïse comme celui qui est. Dieu est.

« Toi Seigneur, tu es… éternel, stable, infini. »

Essaie d’imaginer l’éternité de Dieu. Remonte le cours du temps par l’imagination… avant les pyramides, Dieu est. Avant les hommes préhistoriques, Dieu est. A l’époque des dinosaures, Dieu est. Contemple la formation de la terre, avec ses tempêtes, ses éruptions volcaniques, sa flore fantastique… Dieu est. A l’origine de l’univers, au Big-Bang, Dieu est.

Dieu est éternel, impassible, stable.

Amoureusement éternel.

Laisse jaillir de ton cœur un mot d’amour pour ce Dieu sans changement, pour ce Dieu éternel. Et répète dans ton cœur ce mot d’amour. Cela peut être tout simplement « Toi, mon Dieu »… ou « mon Seigneur et mon Dieu » ou « Toi qui es » ou plus court encore « Toi ».

Refais ce chemin plusieurs fois de contemplation de l’éternité de Dieu.

Dans l’agitation de ta vie, de ta semaine qui vient peut-être envahir ton esprit pendant cette oraison, redescend à cette stabilité. Elle est comme le roc sur lequel pousse la végétation.

Regarde les collines au loin… l’herbe change au fil des saisons… les collines restent. La montagne et le roc dans la Bible sont des images de la stabilité de Dieu.

« Seigneur, je te confies mes agitations du moment, mes soucis. Je te bénis, Toi qui demeures, Toi qui es éternel. Toi. »

A nouveau, tourne tes pensées et ton amour vers l’éternité de Dieu.

Peut-être que cela suffira à remplir ton oraison. Et c’est bien ainsi. Reste ancrée dans l’éternité de Dieu.

Dieu demeure sous la tente

Or ce Dieu éternel habite sous la tente. Relis les versets 8-9. Dieu accompagne le peuple d’Israël dans sa marche à travers le désert. Il a accompagné David depuis son enfance comme jeune berger et musicien. Il a accompagné David dans ses premiers pas à l’armée de Saül puis comme général. Il a accompagné David rejeté par Saül, dans sa disgrâce à la tête d’une armée de proscrits. Il a accompagné David dans sa vie conjugale… pas toujours heureuse ni sainte.

C’est parce que Dieu est éternel qu’il peut sans rien perdre accepter de tout perdre. Parce qu’il est stable, infini, immuable, il peut s’ajuster à chaque instant de ta vie. Etre toujours là avec toi.

Reprends conscience de sa présence aimante et rassurante dans les moments tourmentés de ta vie. Rappelle-toi la grande diversité avec laquelle Il t’a accompagnée… Dans les jours de joie… et dans les jours d’épreuve.

« Merci Seigneur pour ta présence à mes côtés. Merci pour ton amour qui me soutient. Merci pour la grande diversité de ton action dans ma vie. »

Dieu est comme le soleil, qui est le même à la montagne, à la campagne ou à la mer. Son action est la même et pourtant ses effets si différents… rendant brûlant le sable ou lumineuse l’eau, permettant aux fleurs de s’ouvrir… et te permettant de lire les mots écrits sur un livre. Dieu unique aux effets multiples.

Dieu qui accepte de t’accompagner de ta vie, faisant le choix d’être sous la tente, le choix de l’instabilité, de la pauvreté, de l’improvisation… pour être avec toi chaque jour.

« Mon Dieu, je t’aime pour ta présence, pour ta sollicitude, pour ton amour. Mon Dieu. Dieu un et éternel. Toi. »

Ta mission n’est pas de construire la maison… mais tu as reçu une mission

« Ce n’est pas toi qui me feras une maison, dit Dieu, c’est moi qui te ferais une maison ». Si souvent j’ai des projets pour Dieu. Je veux faire des choses à ma manière. Je voudrais être Dieu à la place de Dieu… comme un enfant qui se prend pour son père. Accepte d’accueillir le don de Dieu. Accepte que tes projets n’aboutissent pas.

Dieu dit encore à David que c’est son fils qui mènera à bien la construction du temple. Accepte qu’un autre fasse après toi, à sa manière, ce que toi tu aurais voulu faire. Dépouillement. Consens à la pauvreté de n’être pas le maître de tout… et contemple le Maître de tout qui renonce à lui-même pour être avec toi.

« Seigneur je renonce à mes propres projets… parce que je sais que tu sais… tu sais mieux que moi. J’ai confiance en toi. Ma priorité c’est d’être avec toi. A ta manière ».

Toi pourtant, tu as une mission. Dans ton métier, auprès de tes collègues de travail et de ceux dont tu as reçu la charge… mais aussi dans ta famille, auprès de tes amies, dans ta paroisse, etc. Relis encore les versets 8-9 : c’est Dieu qui est venu te chercher. C’est Dieu qui t’a menée là où tu es aujourd’hui… tu le sais bien. Rends grâces à Dieu pour ces responsabilités qu’il t’a confiées. Remets ta charge entre ces mains.

« Seigneur, j’accueille ta façon de faire. J’ai confiance en Toi. Je te bénis pour ceux dont tu m’as confié la charge. Je te bénis pour ta confiance. Je veux être avec Toi pour toujours. Merci. Je t’aime.

Ton oraison est alors comme un « conseil des ministres » : tu viens déposer devant le Roi du ciel la charge qu’il t’a confiée. En le contemplant, Lui, tu apprendras à exercer ce service qu’il t’a confié… et qui n’est qu’un service. Le plus important c’est d’être avec lui en ce moment.

CONCLUSION DE L’ORAISON

C’est un moment à ne pas négliger.

Si ton oraison est de 30 min, consacre 5 min à la conclusion (pour une oraison de 20 min, consacre 3 min).

Fais mémoire des grâces reçues dans l’oraison. Note les points majeurs (beaucoup de consolation et de joie, fortes distractions, sécheresse dans la prière). Note les phrases qui t’ont marquée (celles de la Bible ou celles qui ont été inspirées dans ton cœur).

N’hésite pas à y revenir au cours de la semaine.

A la semaine prochaine !