Entrée en carême
Quelques conseils pour commencer
Peut-être rejoins-tu ce parcours à l’occasion du carême. Je t’encourage en ce cas à lire les conseils des oraisons précédentes. Je vais les rappeler brièvement ici :
Choisi un moment pour ton oraison, un lieu, une posture du corps.
Un moment dans ta journée où tu ne seras pas dérangée. Idéalement à une charnière de ta journée (le matin, en début d’après-midi… en revanche à 23h le soir c’est plus compliqué, on a envie de dormir et tous les soucis de la journée occupent l’esprit). Fixe la durée. Si tu débutes l’oraison à l’occasion du carême, essaie entre 20 et 30 min. Si tu suis ce parcours depuis le début, tu peux sans doute passer à 35 min d’oraison… peut-être plus, mais attention aux grands enthousiasmes de début de carême.
Un lieu. Il y a le lieu idéal : une église ou un oratoire, bien chauffé et silencieux, beau, avec une belle icône et une bougie. Et puis, il y a le lieu réel… ta chambre, ton salon, dans ta voiture pendant que tu patientes entre 2 conduites d’enfants. Fais en sorte que ce lieu, peut-être trop « ordinaire » soit, pendant ce temps, un lieu pour la rencontre de Dieu. Place une icône, change de posture. Si tu es dans la voiture, pourquoi ne pas profiter de te mettre à l’arrière ?
Une posture du corps. Prier c’est avec tout son corps… le carême que nous commençons nous le rappelle. Un grand signe de croix au début et à la fin. Se prosterner face contre terre. Ouvrir largement les mains ou au contraire les joindre sur ton cœur. Il faut pouvoir durer dans une position sans en changer toutes les 5 minutes… ni s’endormir… ni s’ankyloser !
Aujourd’hui nous entrons dans le carême et nous prierons plus particulièrement avec la 1ère lecture du mercredi des cendres (du livre de Joël, chapitre 2, versets 12-18).
Prends le temps d’entrer dans la prière. Invoque l’Esprit-Saint. Confie à Dieu ce carême qui commence et que tu veux vivre en sa présence, comme un chemin de désert pour te rapprocher de Lui.
Un mot encore : le désert est le lieu du combat spirituel. Ca va donc peut-être chauffer un peu ! Il ne faut pas s’en inquiéter. C’est normal. On verra à la fin de la traversée comment cela t’a fait grandir !
Contenu de la méditation
« Revenez à moi, de tout votre cœur » dit Dieu.
C’est l’invitation à t’engager résolument dans ce carême. Le carême n’est pas un exploit sportif, mais un engagement de tout ton être. Il ne s’agit pas d’abord de faire des choses extraordinaires, mais de mettre du cœur en toute chose… et de tout orienter vers Dieu.
Où est mon cœur ? Qu’est-ce qui habite mon cœur ? Quelles sont mes priorités ? Est-ce que je suis pleinement tournée vers Dieu ?
Seigneur, reçois mon cœur. Seigneur, je veux te suivre résolument pendant ces 40 jours. Je veux que chacune des journées du carême soit l’occasion de me tourner davantage vers toi.
J’appréhende, Seigneur, tu le sais, j’appréhende le combat. J’ai déjà eu l’occasion de passer à côté de mes efforts de carême… par paresse… ou par fatigue bien réelle… par oubli. Cette année, je veux cheminer humblement sous ton regard, traverser ces 40 jours de désert dans l’humble fidélité.
Seigneur, reçois ce qui accapare mon esprit, mon imagination, ma mémoire. Reçois mon cœur.
A moi… à toi !
Revenez à moi, dit Dieu. Prends le temps de fixer ton regard sur Lui. Essaie de l’imaginer, avec ton imagination. Prends conscience de Dieu. Et du plus profond de ton cœur, dis lui simplement « je viens à toi ». ou « je reviens à toi, Seigneur ».
Il pourrait revenir et renoncer au châtiment
C’est une thématique qui court dans tout l’Ancien Testament : Dieu peut renoncer à punir. Pourtant, nous le savons bien, Dieu est éternel et ne change pas. Ce n’est pas Dieu qui change son cœur en fonction de notre attitude… c’est notre cœur qui change pour s’ouvrir à la miséricorde de Dieu.
Dieu est éternellement miséricorde. De toujours à toujours, il pardonne… mais c’est nous qui nous tenons loin de Lui. Ce temps du carême est au contraire un temps pour plonger dans le feu de son amour.
Revenez au Seigneur, car il est tendre et miséricordieux
Nous n’épuiserons jamais le thème de la tendresse et de la miséricorde de Dieu dans l’oraison. Quand tu ne sais pas comment prier, médite la tendresse de Dieu. Contemple cette tendresse… dans la Bible, dans la vie des saints… dans ta propre vie.
Comment Dieu t’a fait sentir cette tendresse ?
Entre dans l’action de grâce et la louange pour cette délicatesse de Dieu.
Merci mon Dieu !
Déchirez vos cœurs et non vos vêtements
Dieu est non seulement tendre, mais il est aussi miséricordieux.
Tu as besoin d’accueillir cette miséricorde. Le temps du carême qui s’ouvre devant nous est un temps sans masque… un temps de vérité… plus de maquillage sur ton âme (pour le visage c’est autre chose : Jésus invite celui qui jeûne à se parfumer !) Que c’est bon d’être vrai devant Dieu.
C’est le temps de la contrition. Il ne s’agit pas pour nous d’entrer dans un examen scrupuleux de notre vie. Il s’agit de reprendre conscience que je ne suis pas à la hauteur de l’amour.
Seigneur, tu sais… tu me connais.
Regarde dans ta vie tous ces petits manques d’amour du quotidien… ce collègue de travail que tu n’arrives pas à aimer. Ces personnes qui t’agacent si souvent. Tes enfants ou ton mari (ta femme) envers qui tu as des remarques acerbes. Ceux que tu critiques.
Regarde ces moments où ton cœur s’est fermé sur lui-même… où tu as cherché de fausses compensations… où tu as manqué de liberté… face à l’alcool, au tabac, aux séries…
C’est le temps de la contrition. Déchire ton cœur. Comment cette phrase résonne pour toi ? Que veut dire déchirer mon cœur ? Qu’est-ce qui te fait pleurer ?
Prescrivez un jeûne sacré
Le corps a sa place dans notre vie spirituelle. Le but du jeûne n’est pas l’exploit physique, mais l’expérience de la pauvreté.
Dans ton oraison, cette expérience peut aussi se traduire par le fait de te prosterner face contre terre. Soit à genoux, soit allongée. Dans ce geste d’abandon, de fragilité, de mort, place ta confiance en Dieu qui te relève. Puis en te redressant, enveloppe toi lentement dans le signe de la croix.
Conclusion de l’oraison
« Et le Seigneur s’est ému en faveur de son pays,
il a eu pitié de son peuple. »
Seigneur, je te bénis pour ce carême qui s’ouvre et pour ce chemin dans le désert sur lequel tu m’invites à avancer avec toi.
Je veux vivre ce temps, résolument, pour tourner mon cœur et toute ma vie vers Toi.
Liste peut-être tes efforts de carême, pour les présenter à Dieu, dans la confiance et l’espérance.
Tu peux terminer en reprenant le psaume 50 de la messe du mercredi des cendres :
Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave-moi tout entier de ma faute,
purifie-moi de mon offense.Oui, je connais mon péché,
ma faute est toujours devant moi.
Contre toi, et toi seul, j'ai péché,
ce qui est mal à tes yeux, je l'ai fait.Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu,
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de ta face,
ne me reprends pas ton esprit saint.Rends-moi la joie d'être sauvé ;
que l'esprit généreux me soutienne.
Seigneur, ouvre mes lèvres,
et ma bouche annoncera ta louange.