Oraison guidée – 9ème semaine

Oraison guidée – 9ème semaine

Cette semaine, la 1ère lecture du mercredi de la 2ème semaine de carême va nous conduire à contempler à travers le prophète Jérémie le Christ en son agonie, à Gethsémani et au cachot en attendant son procès. Rien de très réjouissant à première vue… mais c’est une invitation à aimer davantage.

Demande au Seigneur la grâce d’un plus grand amour. Demande lui d’être unie à sa souffrance, de compatir avec lui, pour mieux l’aimer et pour aimer le monde autour de toi.

Quelques conseils pour commencer

Avec le retour des beaux jours, tu peux être tentée d’aller prier dehors. C’est peut-être une bonne idée… profiter de ton jardin pour prier. Quelques remarques cependant :

·       Assure toi d’être dans un lieu et une posture où tu ne seras pas dérangée… si tu es gênée en permanence par les insectes, mieux vaut rester dans ta chambre ! Si tu es distraite en permanence par les bruits ou les animaux, mieux vaut rester dans ta maison.

·       Assure toi d’être à l’écart du regard des autres : si tu veux pouvoir te mettre à genoux, faire un signe de croix, chanter à voix haute… évite un jardin public !

·       La nature est un livre qui nous est donné par Dieu pour le louer. Si tu peux prier en plein air, c’est un vrai atout pour rendre gloire à Dieu de la vie.

Le mieux c’est d’essayer… il faut un peu de temps pour arriver à prier en plein air. Et parfois il faut y renoncer.

Avant de commencer, enveloppe toi dans un grand signe de croix. Confie à Dieu tes pensées, ton imagination, ta mémoire. Offre lui ce temps, rien que pour lui.

Contenu de la méditation

Nous prenons Jérémie chapitre 18, versets 18 à 20.

Lis tranquillement une ou deux fois le texte. Tu voix qu’il est en 2 parties : les propos des adversaires de Jérémie et la réaction de Jérémie.

1) La violence dont je suis capable

En lisant les propos des ennemis de Jérémie, tu peux prendre la mesure du mal fait par les hommes… dont nous sommes. Ils méprisent Jérémie. Ils attaquent par leur langue.

Contemple le mal et la violence de ce monde… tant de mépris.

Et moi, il m’arrive aussi de mépriser. Qui est-ce que je méprise ? Seigneur j’appelle ta bénédiction sur ces personnes que je n’arrive pas à aimer. Seigneur, donne moi de les voir comme tu les vois. Seigneur, aujourd’hui je veux te dire du bien de telle et telle personne.

« Attaquons le par notre langue ».

Seigneur, je te confie mes paroles d’aujourd’hui. Je veux dire du bien et du vrai. Je te demande pardon pour tant de fois où j’ai blessé autrui par mes paroles, un peu frivoles, ou mensongères, ou accusatrices, ou violentes. Je te demande pardon pour ma médisance, ma colère, mes rancunes.

N’aies pas peur de consacrer un bon moment à ce premier exercice, pour prendre la mesure du mal que nous commettons.

2) la violence que je subis

Dans ta méditation, tu es aussi du côté de Jérémie, innocent condamné, victime agressée.

Laisse monter dans ton cœur cette douleur pour tous ceux qui subissent l’injustice, toi peut-être, d’autres que tu connais, d’autres encore dont l’actualité te parle.

« comment peut-on rendre le mal pour le bien ? » Entends ce cri d’incompréhension face au mal. Fais le monter vers Dieu.

Seigneur, je crois en toi, je veux te faire confiance. Pourquoi le mal en ce monde ? Je veux m’unir au cri de souffrance de ce monde. Je veux crier vers toi.

Jérémie se tient « en présence » de Dieu, y compris pour ses ennemis. C’est l’exercice de ton oraison hebdomadaire, se tenir en présence de Dieu. Etre là avec lui… sans rien dire peut-être, mais être là.

Jérémie a prié pour ses ennemis. Demande au Seigneur la grâce de prier pour ceux qui ne t’aiment pas, ceux qui te veulent du mal, ceux qui te méprisent, ceux qui t’ont fait du tort. Fais passer leurs noms et leurs visages devant Dieu dans ta prière aujourd’hui.

Seigneur, je me tiens en ta présence pour untel, viens le bénir, viens le guérir.

3) Avec le Christ dans la nuit de son procès

« Ils ont creusé une fosse pour me perdre ». La fosse, c’est le lieu où prendre les animaux au piège. C’est aussi le trou dans lequel on peut mettre un prisonnier, comme Joseph dans sa citerne, ou Daniel dans la fosse aux lions. C’est enfin le lieu où ensevelir des cadavres.

Si un jour tu vas à Jérusalem, tu verras sans doute la cave très profonde où le Christ a été mis en détention, dans la nuit de son procès.

Jérémie préfigure le Christ, injustement condamné. Mais à l’inverse de Jérémie (si tu lis la suite du chapitre tu verras que Jérémie laisse jaillir sa colère contre ses ennemis… ce qui peut nous rassurer sur l’expression de notre propre colère), le Christ va pardonner à ses ennemis.

Tiens toi en sa présence. Comme Pierre, Jacques et Jean à Gethsémani : non pas pour dire des choses, mais pour être avec lui. Imagine le dans sa solitude, son désarroi, sa fatigue… sois à ses côtés dans le combat spirituel. Tu ne peux rien pour lui, mais tu peux être avec lui, comme on se tient aux côtés d’une personne qui souffre.

Contemple l’amour qui se donne à nous. Contemple son immense amour pour le monde et sa souffrance devant la souffrance du monde. Contemple sa souffrance devant le refus de l’amour.

4) Porte avec lui la souffrance du monde

Entre en communion avec son amour pour le monde.

Seigneur, je te prie pour telle personne qui s’est confiée à ma prière. Seigneur, je confie telle situation. Seigneur, par ta croix et ta passion, viens rejoindre telle souffrance.

Conclusion de l’oraison

Tu peux terminer en reprenant la prière d’abandon de saint Charles de Foucauld. C’est une prière que Charles de Foucauld mets dans la bouche du Christ à Gethsémani lorsqu’il médite sur la passion ;

Mon Père,

Je m'abandonne à toi,
fais de moi ce qu'il te plaira.

Quoi que tu fasses de moi,
je te remercie.

Je suis prêt à tout, j'accepte tout.
Pourvu que ta volonté
se fasse en moi, en toutes tes créatures,
je ne désire rien d'autre, mon Dieu.

Je remets mon âme entre tes mains.
Je te la donne, mon Dieu,
avec tout l'amour de mon cœur,
parce que je t'aime,
et que ce m'est un besoin d'amour
de me donner,
de me remettre entre tes mains, sans mesure,
avec une infinie confiance,
car tu es mon Père.

A la semaine prochaine !